CLUB DIARY  - édition printemps

CLUB DIARY  
 
Par Thibault Laporte, programmateur & chargé des musiques électroniques 
 
 
Le printemps électronique sonne la reprise. La fête prescrite et cryptée de nouveautés, clame l’appel général vers la découverte au coeur d’une scène en transition. 
 
Une (r)évolution sociale vers des projets artistiques débridés, le tuning de codes normés d’une scène professionnalisée, c’est le projet hilarant de PARTIBOI69. Cet australien aux allures d’un personnage du film de Davide Manuli, La Légende De Kaspar Hauser décomplexe le Club. 
 
C’est le grand retour d’une musique électronique de la fête, une génération tombe le masque et accélère le BPM. Roza Terenzi, qui a pris son nom de l’astrophysicienne Fiorella Terenzi, le maîtrise à la perfection. Une musique pour la danse qui oscille entre UK, Trance et Techno. 
 
L’incarnation d’un sol qui recèle de finesse, de lâcher prise, mais aussi d’énergie à ne plus savoir quoi en foutre. La rentrée 2022 sera la photosynthèse d’un printemps qui fleurit la revoyure et le soundsystem libéré. Job Jobse, bourgmestre d’Amsterdam avec ses 7 Boiler Room préfigure dans ce style, ouvrant la voie à toute une scène colorée tel le projet de CC:DISCO et sa récente apparition remarquée sur la chaîne londonienne. 
 
Et si les anglais avaient tout compris ? Explorateur en marge de la culture House, le britannique Leon Vynehall est de retour avec une tournée mondiale qui promet goût sûr et linéature rigoureuse. 
Il est un beau préambule à l’arrivée des frères Russell (Truss et Tessela) dans la grille, unis depuis 2016 sous l’alias Overmono. Le projet à « haute-finition » est signé sur de prestigieux labels tels que XL Recording, Whities ou Poly Kicks, une crème anglaise au destin déjà fouetté par le management sur une recette ambitieuse qui rappelle la saveur d’un Bicep ou du phénix britannique Jamie XX. 
 
La formule outre-manche est riche. Les performances versatiles telles que celles de la Scottish Éclair Fifi, aussi diplômée en art visuel de Edinburgh College Of Arts , incarnent le terreau créatif de l’île aux celtes ou le prodige gallois Adam Pitts venu nous rendre visite lors de la réouverture, ce n’est pas pour rien si les anglo saxons ont inventé le ferry. 
 
Et à l’export rien de mieux qu’un tour de cargo aux côtés d’Asquith, fondateur de l’empire Lobster Theremin qui par delà son label émérite a su cultiver un vaste réseau de distribution international aux sorties perlées. Parmi lesquels on peut retrouver Nehza Records qui fête sa première boogie en 2022. Le label conduit par Roni reboise la culture Rave 90’ et notamment avec un premier disque produit par notre résident Neida et son hit brutal “DSO”. 
 
C’est dans cette intensité façon 90’ et un genre acidulé en bras d’honneur au carcan du genre que Dustin Muchuvitz se réalise. Au détour d’une carrière de mannequin et d’acteur, il officie derrière les DJ Booths de soirées modes prisées allant de Dior à Paco Rabanne en passant par Yves Saint Laurent. Le membre du jury de l’édition 2022 du très réussi FIFIB avait enflammé la soirée de clôture non-officielle qui s’est déroulée à bord, laissant alors planer le suspense sur une potentielle détonation en cale. 
 
Comment ne pas trépigner d’impatience quand on sait que c’est du même bois qu’est fait le projet Baraka que nous accueillerons en résidence au mois d’avril. Ce projet d’une musique pop de rave extatique et sensuelle, qui donnera restitution en compagnie du hollandais Identified Patient et son EBM baraquée. 
 
Et si l’obscurité du club annonce le bout du tunnel, c’est dans la lumière et la chaleur des collectionneurs comme Red Greg que la danse nous réchauffera. À coup sûr, dans un voyage vers la quête de l’esthétique nostalgique, nous y croiserons Casper Tielrooij, le co-fondateur de Dekmantel. 
 
Mais notre cap est au sud, direction Milan d’où est originaire la maestro Paquita Gordon. Elle est l’une des sélectionneuses les plus appréciée du circuit actuel, toute catégorie confondue, la claque est inéluctable, je donne peu cher de ma transe. 
 
Du choix donc dans cette manière de fabriquer la musique sans instruments, c’est bien ça que nous retrouverons ce printemps. Ça y est, vous la sentez ? La sarabande des coeurs qui à l’appel des publics parcourt des kilomètres de microsillons. Je le répète : c’est l’éclosion du printemps électronique à bord.
 
Retrouvez archives & programmation à venir sur @iboatclub 

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