23h59
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// ANNULÉ //
Deux mois de fermeture.
Vingt salariés menacés.
Un lieu culturel indépendant sacrifié.
C’est la décision prise par la Préfecture de Gironde contre l’IBOAT, un établissement culturel de votre territoire.
Pourquoi ?
Parce qu’un homme, extérieur à l’équipe, a commis un acte grave : il a sur-consommé de l’alcool en cachette et agressé sexuellement une cliente.
Ces faits sont inacceptables. Ils doivent être condamnés. Et ils l’ont été.
Mais la question que nous devons collectivement nous poser est la suivante :
qui doit être tenu responsable, et comment ?
Dès les faits signalés, l’équipe de l’IBOAT a agi immédiatement et de manière exemplaire :
- l’agresseur a été recherché et identifié,
- la police et les pompiers ont été appelés,
- la victime a été prise en charge,
- les autorités ont été pleinement informées.
Il n’y a eu ni complaisance, ni silence, ni déni.
Il y a eu du professionnalisme, de la responsabilité et du courage.
Et pourtant, la sanction tombe.
Une fermeture administrative de deux mois!
Une mesure qui ne touche pas l’agresseur, mais :
- 20 salariés, qui risquent le chômage,
- des artistes émergents, privés de scène,
- un public, privé d’un lieu culturel indépendant,
Cette décision pose un problème fondamental :
elle confond responsabilité individuelle et punition collective.
Punir un lieu qui a fait son travail, c’est envoyer un message dangereux :
agissez, coopérez, protégez les victimes… et vous serez quand même sanctionnés.
C’est aussi une manière de fragiliser encore un peu plus les lieux culturels indépendants, déjà précarisés, déjà sous pression, déjà menacés.
La sécurité du public est essentielle.
La lutte contre les violences sexistes et sexuelles est indispensable.
Mais elles ne peuvent pas servir de prétexte à des décisions arbitraires et disproportionnées.
Car au final, cette fermeture ne protège personne.
Elle ne répare rien.
Elle détruit.
Nous refusons que la culture indépendante devienne la variable d’ajustement de décisions administratives déconnectées du réel.
Nous refusons que des salariés paient pour les actes d’un homme qu’ils n’ont ni protégé ni couvert.
Nous refusons qu’un lieu qui agit soit traité comme un coupable.
Ce que nous demandons est simple :
De la justice, pas de l’affichage.
De la proportionnalité, pas de l’arbitraire.
Du discernement, pas du sacrifice.
Soutenir ce lieu, ce n’est pas minimiser les faits.
C’est refuser une injustice de plus.

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ANNUÉ